Description du poste
Attention aux arnaques. Taf4All se contente de référencer des offres publiées par des tiers — nous ne sommes pas à l'origine de ces emplois et ne gérons pas les recrutements. Soyez vigilant : ne versez jamais d'argent pour obtenir un emploi ou un entretien, et méfiez-vous de toute demande suspecte.
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Publications , Secteur Privé - Entreprenariat - Accès aux Services Financiers Contribution au débat sur l’emploi des jeunes : Ce qu’il faut savoir… (Par Issa Barro, PhD) Depuis quelques temps, à la faveur de l’actualité, beaucoup de compatriotes essayent d’apporter leur contribution dans la recherche de solutions pertinentes à l’épineuse question de l’emploi. Sans être « expert » de cette question, mais en me basant sur mon expérience diversifiée, je vais participer au débat et apporter un éclairage sur certains aspects. Tout d’abord, comment se définit l’emploi et pourquoi on en est arrivé à cette situation ? Il y a deux notions : l’emploi et l’auto emploi. L’emploi définit l’exercice d’une profession dans le cadre d’une activité rémunérée par un salaire, un traitement (dans la fonction publique) ou des honoraires (pour les indépendants). Il est alors régi par un contrat signé entre un employeur et un employé. De toute évidence, le profil du demandeur d’emploi doit correspondre à ce que recherche l’employeur pour qu’il y ait une chance de contrat. En d’autres termes, la formation des demandeurs d’emploi doit être en corrélation avec les besoins du marché. C’est vrai partout ailleurs. Comme disait quelqu’un, parlant de l’agriculture, « ne vendez pas ce que vous produisez ; produisez ce que vous vendez ». L’auto emploi, selon la définition traditionnelle standard, désigne une démarche individuelle de création d’une micro-entreprise pour accéder à un statut de travailleur indépendant ou autonome dans sa nouvelle entreprise. Elle fait référence au statut de la personne qui exerce l’activité pour son propre compte et dont la rémunération est directement liée aux résultats de l’entreprise. Ce sont les « travailleurs travaillant pour leur propre compte » au sens de la Classification Internationale d’après la situation dans la profession (CISP) du BIT. Ainsi, nous nous sommes retrouvés dans une situation où, d’un côté, nous avons formé des profils sans grande adéquation avec la demande des entreprises, et, de l’autre, nous avons cherché à promouvoir l’auto emploi pour absorber les jeunes avec ou sans formation et essayer ainsi de réduire le chômage. Depuis des décennies, l’Etat s’est en effet donné du mal à trouver les solutions permettant de régler cette question. Ceux de ma génération ont connu les politiques d’accompagnement telles que « Opération Maîtrisards », les Agences de travaux d’intérêt public, etc. L’actuel Président a hérité du dossier, avec sans doute une plus grande acuité compte tenu de l’accroissement de la population en âge de travailler. Le Gouvernement fait son possible pour régler cette question, dans les limites de ses propres contraintes, notamment budgétaires. Ainsi, sans doute à cause de la faible possibilité d’emploi, l’idée est de se tourner de plus en plus vers l’auto emploi, l’entrepreneuriat. Nouveau paradigme : l’entrepreneuriat L’entrepreneuriat est sur toutes les lèvres aujourd’hui : à plusieurs niveaux – même à des niveaux très élevés – on est persuadé, sans doute à juste titre, que la question de l’emploi sera réglée par l’entrepreneuriat (en tous cas, on l’inclut dans les politiques comme un des éléments clé). C’est sans doute ce qui explique le nombre élevé d’initiatives variées pour promouvoir l’entrepreneuriat des jeunes et des femmes. Attention cependant : l’entrepreneuriat et l’emploi sont deux réalités distinctes, même si l’une peut contribuer à développer l’autre. En d’autres termes, la motivation derrière l’entrepreneuriat ne doit pas avoir comme objectif prioritaire la résolution de la question du chômage ! Combien de temps et de ressources dépensées nous faudra-t-il encore avant de nous rendre à cette évidence ? En voici les raisons : D’abord, les statistiques l’ont démontré, sur 100 entreprises qui sont créées en Afrique, seules 10 parviennent à fêter leur 3ième anniversaire ! Les 90 autres disparaissent généralement bien avant, renvoyant ainsi, dans la plupart des cas, leurs promoteurs au chômage. Certes, des mécanismes ont été imaginés pour améliorer le taux de succès et de durabilité des entreprises créées, notamment grâce à des incubateurs et accélérateurs qui, à travers leurs produits d’accompagnement et de coaching, permettent des niveaux élevés de réussite. Ne nous y trompons pas cependant : les incubateurs qui réussissent et qui affichent des taux de succès de 80 à 85% (à savoir 85 entreprises sur 100 accompagnées survivent même au-delà de 5 ans, garantissant ainsi leur pérennité) y parviennent parce qu’ils ont mis en place une méthode extrêmement sélective à l’entrée, reconnaissant de fait que tout le monde n’a pas les attributs d’entrepreneur ! En effet, les promoteurs qui sont accompagnés sont seulement ceux qui démontrent un potentiel élevé à devenir des entrepreneurs. Les autres ne sont pas acceptés. C’est la même chose que si, pour aller à l’Université, on ne sélectionne que ceux qui ont eu une moyenne de 17 et plus au Baccalauréat ; il est clair que leurs chances de réussite sont pour ainsi dire évidentes ! Ensuite, si on se tourne vers la création d’entreprise simplement parce qu’on recherche un emploi, les chances de réussite sont limitées. En d’autres termes, l’entrepreneuriat « par nécessité » ne conduit pas généralement au succès et à la durabilité. En effet, il existe une différence de taille entre les entrepreneurs « par nécessité » et les entrepreneurs « opportunistes ». Une étude du Global Entrepreneurship Monitor datant de 1999 effectuée sur plusieurs pays, parlant de la relation entre création de PME et création d’emplois, avait d’ailleurs démontré que l’impact des PME sur la création d’emplois était limité, et que cela était dû justement au fait que les entrepreneurs étaient davantage motivés par la nécessité de trouver un emploi pour eux-mêmes (donc des entrepreneurs « par nécessité ») que par le besoin de saisir des opportunités d’affaires ! De plus, la question de l’entrepreneuriat ne se résume pas à la mise à disposition de financement. Certes, il est utile d’obtenir un financement au démarrage et tout au long de la vie de l’entreprise, mais ce n’est là qu’un élément parmi d’autres. Très souvent, les initiatives de promotion de la création d’entreprises pour les jeunes mettent le financement en première ligne. Cela peut avoir un effet pervers : en effet, des jeunes sans aucune expérience d’entrepreneur, ni même les attributs d’un entrepreneur s’empressent de présenter des plans d’affaires – qui n’ont même pas été élaborés par eux – pour bénéficier de prêt. Il existe un risque élevé de faillite de telles initiatives insuffisamment préparées et mises en œuvre par des jeunes sans expérience suffisante. Si quelques-uns d’entre eux réussissent, un grand nombre échoue, occasionnant des pertes financières qui révèlent la faible viabilité de ces approches. Enfin, il faut souligner le coût élevé, pour l’Etat, des politiques d’entrepreneuriat pour la création d’emplois. Généralement, on estime à 20 000 $US le coût de la création d’un emploi (il se peut que ce chiffre varie en fonction des contextes et des périodes, mais c’est une indication de l’importance des efforts financiers que l’Etat consent à travers ses programmes de création d’emplois). Lorsqu’on le rapporte à la masse d’emplois qu’il est nécessaire de créer pour répondre, ne serait-ce qu’à un taux acceptable, à la demande, on arrive très vite à des sommes difficilement soutenables par le budget de l’Etat ! A moins de se tourner vers des stratégies de grands travaux d’intérêt publics (exemple : AGETIP) qui, parfois, sont associés à de faibles rémunérations et sont peu productifs. De toute évidence donc, lorsque l’on cherche seulement à régler la question du chômage à travers la création massive d’emplois, il s’avère que la route de l’entrepreneuriat n’est ni le plus court chemin, ni l’approche la moins coûteuse pour l’Etat.
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